• L'hécatombe n'aura pas lieu

    L'hécatombe n'aura pas lieu

    Deux mil treize, les gaillardes se crêpent le chignon sur les réseaux sociaux. Au marché de Brive-la-Gaillarde, on mitraille désormais les bottes d’oignons que l’on photoshoppe, que l’on instagramme avec filtre pour les rendre comestibles aux yeux de la classe qui pense, qui dîne en ville en refaisant la campagne, dans les odeurs étoilées des derniers bars à Turbo-bécassines.

    Adieu les gigantesques fesses, prises dans l’étau de l’injonction de la maigreur et du fitness. Les corsages dilatés ne s’ouvrent plus aux mamelles boxeuses, qu’en présence des caméras. Etes-vous bien là, amis complices du PAF ? Voyez ces slaves bustes à qui nous avons sous-traité l’affichage de nos slogans à la face du monde !

    « Mort aux lois, vive l’anarchie », oui, mais juste pour faire le buzz. Couper les choses, quand bien même on y songerait, relève de la quête du Graal tant elles sont peu répandues chez les Ciber-gédéons : on rosse désormais les cognes derrière son écran, avec un ashtag qui pète. Et puis on rentre chez soi, où la marmite bout à l’économie réelle. Qu’il faut préserver. Ainsi que son patrimoine familial.

    Pendant ce temps, vieux maréchal des logis est un statut disputé. Sa désignation ubuesque assure les clics des pure-players pour de longues semaines. Le microcosme des concernés glose et vend.

    J’ai refermé la fenêtre de la mansarde où je réside.

    L’hécatombe n’aura pas lieu.


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