J’ai dans mes placards un petit trésor constitué d’un lot de bols. Des bols rebelles à la modernité : un liseré métallique leur interdit le micro-onde. Ces modestes pièces de vaisselle constituent l’intégralité du pauvre leg de ma Mémé. C’est vous dire...
J’imagine qu’avec un tel titre, cette page ne manquera pas de susciter l’intérêt du vaste lectorat gay de ce cahier. Bien que je lui souhaite, à ce lectorat, tout le bonheur du monde, je vais sans doute le décevoir, car mon élucubration présente ne lui...
Souvent le matin, en sortant de chez moi, l’air embaume une odeur d’étable. J’habite en effet sous le vent d’une exploitation laitière distante de quelques kilomètres. Cette odeur merveilleuse éveille en moi dans le matin frais une multitude de souvenirs...
Je suis fasciné par la profondeur historique où s’ancre le raffinement de cette Italie d’où j’écris ces quelques mots. Ainsi, j’avais fantasmé trouver en ces contrées bénies des Dieux, une paire de sandales simples et robuste. Une paire de celles qui...
Tout petit déjà, je m’étais bien rendu compte que j’étais différent des autres dans mes rapports aux animaux domestiques. Je ne comprenais pas toute cette affection portée par les copains à leurs boules de poils puantes, bavantes, aboyantes et sautantes...
Jai toujours été très fort en grimper de corde. Tout petit déjà, j’étais imbattable. Au grand étonnement de tous d’ailleurs, car ma physionomie ne laissait guère deviner cette disposition habituellement attribuée aux « balaizes ». Je parle bien de la...
Bien sûr il y a en moi cette enfance bretonne nourrie aux crêpes et à l’amour d’une famille unie. Ces escapades inconscientes, des journées entières dans la lande, que je n’oserais consentir à mes propres enfants. Les vaches à l’odeur forte et attachante....
C’est d’abord un chemin délaissé par la foule. Une pente en douceur bordée de pins sylvestres. Une paire de vieilles baskets sales chaussée pieds nus à la sauvette pour jouir en douce de la marée haute, au crépuscule de septembre. Arrive la plage minuscule,...
En toutes choses, la précocité expose à la prédation des médiocres et des importuns. Croyez-en mon expérience personnelle. Ainsi ai-je le plaisir de laisser pousser un cerisier précoce sur les modestes mètres carrés de mon pavillon péri-urbain de province....
Les enfants qui s’ennuient à l’arrière des voitures, regardaient jadis le paysage. Négligés par leurs parents qui aujourd’hui les gratifient de programmes culturels à l’arrière de leurs appuie-têtes, ils trainaient leurs yeux mélancoliques sur la campagne....
La lumière de l’aube révèle sous un jour inédit, les toiles d’araignées givrées qui dansent dans l’air glacé du matin. Et je découvre stupéfait, l’œuvre de ces prédatrices laborieuses. Chaque recoin accessible est quadrillé de leurs pièges à insectes....
œur, à gauche de l’hémicycle, rétribuent leur personnel au-delà des minima de la convention collective respective de chacun. C’est donc une bonne vingtaine et demi de kiloeuros que nos personnages doivent décaisser chaque mois à ce titre. Hors investissement...
On ne dira jamais assez combien passer le Kärcher® est un travail ingrat et fastidieux. Il s’en faudrait de peu que vos proches ne remarquent même pas que vous avez nettoyé la terrasse avec cet instrument en ce samedi pluvieux, au lieu de vous cultiver...
Le jardinage est un sport de combat. Je pense que les copains qui viennent le dimanche au barbecue ne s'en rendent pas bien compte. Entre l'hostilité des végétaux qui poussent quoi qu'il arrive, la prédation des volatiles et l'envahissement sourd des...
Il est là, tapi dans l’ombre du hangar. Entre les bottes de paille et le clapier, il est venu chercher le repos de ses muscles. Sur la terre battue, il a posé les crampons en chevron de ses roues démesurées. Dans les traits de lumière des tôles disjointes...
Les femmes aiment les chaussures. Les hommes aussi, du reste, ils aiment les chaussures des femmes. Mais pas forcément les mêmes. Et pas pour les mêmes raisons. Les femmes pensent la chaussure comme objet central de leur tenue. Un point de départ depuis...
Mon vieil ami André est un type enthousiaste. Sa joie de vivre illumine nos trop rares rencontres. Cette gaieté, je crois qu’il la puise dans son inextinguible appétit pour les choses du futur. C’est avant tout un homme qui se projette. Tout petit déjà,...
Je connais plusieurs femmes de la génération née juste après-guerre, dont la seule préoccupation dès le lever est la préparation du repas du midi. En vacances, cette obsession m’est particulièrement invivable. La question du choix entre un tournedos ou...
Je sais pas si vous avez remarqué comme pour illustrer le caractère immense d’un espace, on utilise l’unité du terrain de foot. De même pour les grandes distances verticales on recourt à la tour Eiffel. Tel hangar est tellement grand qu’il contiendrait...
On l’avait bien repéré dans le coin du jardin, sous le cerisier, le jour où on avait visité cette modeste parcelle en zone pavillonnaire. C'était un portique en rondins de pin sans doute, au verni défraichi avec ses goussets métalliques jaunes, avec une...
(Illustration avec l'aimable autorisation de reyboz.fr) De mon Pépé pêcheur, je pense avoir hérité un don pour démêler les ficelles. Je me souviens sa patience infinie à défaire les fils de ses lignes ou les pelotes de laine vilainement nouées de ma grand-mère....
Depuis longtemps, j’avais eu cette intuition d’un grand chambardement. Une vague qui submergerait silencieusement l’humanité, sans qu’on sache la nommer. Un sentiment qui vous traverse l’esprit le temps d’un flash et puis laisse une trace ténue mais persistante....
Un jour, la boite de cotons-tiges est vide. On ne se souvient plus trop de la fois où on l’a achetée, ça devait être au supermarché. Oui, c’est ça. On passe chaque semaine devant le rayon. On y jette un œil en se disant qu’il en reste encore à la maison....
Je dois vous avouer un truc : des fois, je vois des personnes célèbres partout. J’ai remarqué, ça m’arrive toujours quand je suis fatigué, au retour d'un séjour professionnel parisien. Ne soyez donc pas étonnés si un jour vous me croisez dans cet état....
Un dimanche matin en voiture, sur le pont qui enjambe la rivière. En contrebas, le chemin de halage encombré de joggeurs bigarrés. Des rapides qui se faufilent, moulés dans leur lycra. Des obèses qui transpirent sous leur bâche. Des étudiants en T-shirt...